Dernière visite au village

Aujourd’hui, à quelques jours de la fin de mon séjour, il est déjà temps d’aller saluer une dernière fois les villageois.

Comme c’est jour de marché à Dapélogo, un certain nombre de villageois ne sont pas présents à notre arrivée. pour les attendre, Salif me suggère donc d’aller saluer, comme la dernière fois, le « vieux » du village, qui ne peut se déplacer que difficilement.

J’ai ainsi pris le temps de lui expliquer ce que j’ai apporté aujourd’hui, ce que j’ai fait dans la semaine et comment vont se mettre en place, à terme, les projets discutés avec les villageois. J’ai ainsi eu droit à une première série de longs remerciements.

Puis j’ai rejoins les villageois. Pour ne pas arriver les mains vides, j’ai apporté avec moi le ballon de foot, demandé par les jeunes, et j’ai payé au maçon la réparation de la fuite du bâtiment du moulin à mil, afin qu’il refasse le crépi au goudron à cet endroit. Le maçon a ajouté qu’il en profiterait pour trouver une solution pour fixer l’échappement du moteur du moulin, car ses vibrations impactent le mur à l’emplacement où il passe, et c’est d’ailleurs peut-être l’une des causes de la fuite.

S’ensuivent de longues discussions, sur toute sorte de sujets, entrecoupées à chaque fois par des remerciements et des applaudissements lorsque j’expose les projets sur lesquels nous allons progressivement travailler.
Difficile de rendre compte de tous les sujets abordés : cela allait des souvenirs de mes précédents voyages, aux projets aboutis ou en cours, en passant par des sujets plus généraux comme l’impact du réchauffement climatique sur les cultures, et les travaux en cours de chercheurs et d’agriculteurs pour optimiser la gestion de l’eau pour l’irrigation des cultures.

Nous avons ensuite été conviés au traditionnel repas, qui cette fois s’est largement prolongé, car les discussions se sont poursuivies autour de la table.

Nous avons ensuite rejoint les autres villageois, non sans avoir pris 5 minutes pour jouer avec tous les enfants, alors revenus de l’école. Et j’ai pu aussi échanger quelques mots avec les jeunes à qui j’ai confié le ballon.

Puis, ce fut au tour des femmes de me faire part de leurs remerciements, l’argent issu de la vente du karité que j’ai déposé va leur être très utile.

Enfin, et alors que je m’apprêtais à commencer à saluer tout tout le monde avant de partir, Samuel, le représentant des maraîchers, m’a demandé si je voulais voir les parcelles qu’il cultive non loin du barrage.

Et c’est effectivement impressionnant : un immense terrain, en grande partie planté d’oignons, mais aussi de tomates, aubergines, …

En réalité cet immense champ est partagé entre 16 maraîchers, et l’irrigation est possible grâce à deux motopompes, qui distribuent l’eau grâce à des petits canaux, des diguettes, aménagés à même la terre et divisant la parcelle en petites « planches » de quelques m².

Cette visite avait, au final, un double but : faire état d’un manque de tuyaux pour l’irrigation, qui contraint les cultivateurs à n’arroser leur propre parcelle que tous les trois ou quatre jours, afin que chacun puisse bénéficier d’une irrigation équitable ; mais aussi pointer du doigt un autre problème, de fond celui-ci : le manque d’eau pendant la saison sèche, qui n’est pas sans conséquence pour les cultures, voire pour la nutrition des villageois pendant cette période critique.

Cette question de l’accès à l’eau, que ce soit pour l’irrigation ou la consommation, doit donc rester au coeur de nos actions. Un premier pas a été franchi, avec le projet de goutte à goutte, qui permettra d’optimiser à terme la gestion de l’eau au coeur du village, mais pas dans les parcelles lointaines. Mais d’autres pistes sont également à envisager, avec l’aide de l’agronome par exemple : choix de semences et de cultures moins gourmandes en eau, paillage du sol, changement des horaires d’arrosage pour limiter l’évaporation, …. ou encore l’amélioration des conditions de conservation des récoltes, et pourquoi pas la transformation en conserves des surplus, en prévision des périodes de soudure, qui sont autant de pistes proposées par le CEAS.

Puis, après avoir échangé avec les femmes présentes dans les champs, et nous être baladé dans les parcelles, nous avons définitivement pris congé de nos hôtes. Samuel a cependant tenu à me faire un dernier cadeau : quatre énormes aubergines blanches.

Ce n’est pas sans tristesse que je quitte ainsi mes amis, car je ne sais pas si, ni quand je pourrais revenir.

Je n’ai plus qu’une hâte : me mettre au travail une fois de retour en France, pour trouver le financement des projets que nous allons essayer de porter !



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Ecrit février 13, 2019 par president dans la catégorie "carnet de bord

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