juin 6 2025

Sur le bord de la piste …

En 2007, le temps d’un weekend, nous avons décidé de prendre le temps de faire un peu de tourisme, et nous avons choisi d’aller visiter l’une des “attractions” touristiques majeures, la mare aux crocodiles sacrés de Bazoulé, située à une soixantaine de kilomètres de la capitale, lorsque nous avons vu cette station Total plutôt insolite sur le bord de la route !

Les pompes y sont remplacées par des bouteilles de tout type … Mais c’est très astucieux ! En effet, pour faire fonctionner une pompe, il faut de l’électricité, stocker l’essence dans de grands réservoirs … mais là pas besoin ! Une « bouteille d’essence » va avoir un prix fixe, tout simplement.

Après, ce genre de stations essence s’adresse plutôt aux deux roues, qui peuvent se contenter de peu d’essence pour rouler. Un véhicule type pickup dévaliserait la station !

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mai 15 2021

Le site de Bazoulé se meurt

La mare aux crocodiles sacrés de Bazoulé est un site touristique incontournable situé non loin de Ouagadougou, auquel nous rendons visite à chacun de nos voyages sur place. Histoire de se faire peur en chevauchant un crocodile vivant !

Les villageois entretiennent de bonnes relations avec la centaine de sauriens (des crocodiles du Nil) qui a élu domicile dans la grande retenue d’eau située non loin du village. Nourris de poulets, les crocodiles sont devenus une attraction touristique majeure. Les contributions financières demandées aux visiteurs pour assister au nourrissage des crocodiles, se faire photographier sur leur dos, … permettent au village de se développer.

Des boutiques d’artisanat, un campement touristique, mais aussi un parcours pédagogique pour les scolaires se sont ainsi progressivement développés, ainsi qu’un programme de conservation de tortues terrestres, les tortues « Sulcata » (plus grosses tortues terrestres continentales).

Seulement, les différentes crises politique, depuis 2011, et surtout, la crise sécuritaire, qui fait du pays une cible des terroristes djihadistes depuis 2014, ont progressivement fait fuir la majorité des touristes. Et faute d’activité touristique, il semble que le site de Bazoulé, au même titre que plusieurs autres sites touristiques majeurs (Laongo, …) se dégrade progressivement.

D’après plusieurs articles alarmants parus dans la presse du pays, la mare principale est sur-exploitée. Tant pour arroser les zones de maraîchage, que pour extraire du sable ou fabriquer des briques de terre crue, destinées à la revente. Les forages destinés à alimenter la mare ne fonctionnent plus vraiment. Et les guides sont impuissants. Ils ne peuvent cependant pas en vouloir aux habitants de chercher à vivre coûte que coûte.

Seulement, lorsqu’il n’y aura plus d’eau, les crocodiles disparaîtront. Et le village finira par être déserté lui aussi, ce qui serait vraiment dommage !

Pour en savoir plus :

Le site internet officiel du village : http://www.bazoule.net

un article décrivant le village, paru dans l’express : https://www.lexpress.fr/actualites/1/styles/au-burkina-un-village-ou-les-crocodiles-mangent-des-poulets-pas-des-hommes_2018437.html

« Il faut agir (vite) pour la mare aux crocodiles sacrés de Bazoulé (VIDÉO) » (article paru dans « lefaso.net ») : https://lefaso.net/spip.php?article104031

« Burkina Faso : La mare aux crocodiles sacrés de Bazoulé se meurt » (article paru dans « lefaso.net ») : https://lefaso.net/spip.php?article104009

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février 14 2019

les deux dernières journées : derniers achats, préparation des bagages

Les deux dernières journées de ce séjour, qui a permis de retrouver des amis chers à mon coeur, à commencer par Salif, sont nettement plus calmes que celles du reste du séjour.

Ce sont les journées pendant lesquelles on s’assure de ne rien oublier, pendant lesquelles on procède aux derniers achats.

Les journées pendant lesquelles … on profite de chaque instant de ce séjour, des odeurs, des rencontres que l’on a pu faire. Pendant lesquelles on emmagasine un maximum d’images et de souvenirs.

Ce sont aussi les journées pendant lesquelles on se sent partagé, entre la tristesse de devoir rentrer en France et quitter ce pays si attachant, et l’impatience de rentrer pour pouvoir travailler afin de pouvoir concrétiser les nombreux projets pour lesquels les villageois de Kinsi nous ont sollicité.

J’ai donc consacré une partie de la mâtinée, avec Salif, à procéder à quelques achats complémentaires. Nous sommes ensuite allés manger chez un de ses amis, un burkinabé vivant en France, où il a fondé une famille, et qui vient d’arriver à Ouagadougou pour un court séjour afin de faire découvrir son pays à sa femme, une enseignante française, et sa fille.

Salif et moi sommes rentrés ensuite au logement, où nous avons réglé ensemble quelques détails « techniques » : je lui ai versé son indemnité, pour tout le travail d’accompagnement qu’il a fait pendant cette mission, et je lui ai fait signé un « contrat » officialisant son rôle de délégué de l’association, rôle qu’il assume en réalité depuis déjà 5 ans.

J’ai ensuite pu commencer la laborieuse préparation des bagages, avec l’appréhension d’avoir trop de poids, étant limité à deux bagages de 23 kg chacun en soute et un bagage cabine de 12 kg.

Sachant que dans le pire des cas je pourrais toujours laisser des affaires à Salif pour qu’il nous les envoie par colis ensuite.

Mais visiblement cela devrait aller. De toute façon j’ai encore toute la journée de demain pour régler cela, puisqu’il faut que j’arrive à l’aéroport vers 21h (le décollage étant prévu à 23h45).

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février 13 2019

Dernière visite au village

Aujourd’hui, à quelques jours de la fin de mon séjour, il est déjà temps d’aller saluer une dernière fois les villageois.

Comme c’est jour de marché à Dapélogo, un certain nombre de villageois ne sont pas présents à notre arrivée. pour les attendre, Salif me suggère donc d’aller saluer, comme la dernière fois, le « vieux » du village, qui ne peut se déplacer que difficilement.

J’ai ainsi pris le temps de lui expliquer ce que j’ai apporté aujourd’hui, ce que j’ai fait dans la semaine et comment vont se mettre en place, à terme, les projets discutés avec les villageois. J’ai ainsi eu droit à une première série de longs remerciements.

Puis j’ai rejoins les villageois. Pour ne pas arriver les mains vides, j’ai apporté avec moi le ballon de foot, demandé par les jeunes, et j’ai payé au maçon la réparation de la fuite du bâtiment du moulin à mil, afin qu’il refasse le crépi au goudron à cet endroit. Le maçon a ajouté qu’il en profiterait pour trouver une solution pour fixer l’échappement du moteur du moulin, car ses vibrations impactent le mur à l’emplacement où il passe, et c’est d’ailleurs peut-être l’une des causes de la fuite.

S’ensuivent de longues discussions, sur toute sorte de sujets, entrecoupées à chaque fois par des remerciements et des applaudissements lorsque j’expose les projets sur lesquels nous allons progressivement travailler.
Difficile de rendre compte de tous les sujets abordés : cela allait des souvenirs de mes précédents voyages, aux projets aboutis ou en cours, en passant par des sujets plus généraux comme l’impact du réchauffement climatique sur les cultures, et les travaux en cours de chercheurs et d’agriculteurs pour optimiser la gestion de l’eau pour l’irrigation des cultures.

Nous avons ensuite été conviés au traditionnel repas, qui cette fois s’est largement prolongé, car les discussions se sont poursuivies autour de la table.

Nous avons ensuite rejoint les autres villageois, non sans avoir pris 5 minutes pour jouer avec tous les enfants, alors revenus de l’école. Et j’ai pu aussi échanger quelques mots avec les jeunes à qui j’ai confié le ballon.

Puis, ce fut au tour des femmes de me faire part de leurs remerciements, l’argent issu de la vente du karité que j’ai déposé va leur être très utile.

Enfin, et alors que je m’apprêtais à commencer à saluer tout tout le monde avant de partir, Samuel, le représentant des maraîchers, m’a demandé si je voulais voir les parcelles qu’il cultive non loin du barrage.

Et c’est effectivement impressionnant : un immense terrain, en grande partie planté d’oignons, mais aussi de tomates, aubergines, …

En réalité cet immense champ est partagé entre 16 maraîchers, et l’irrigation est possible grâce à deux motopompes, qui distribuent l’eau grâce à des petits canaux, des diguettes, aménagés à même la terre et divisant la parcelle en petites « planches » de quelques m².

Cette visite avait, au final, un double but : faire état d’un manque de tuyaux pour l’irrigation, qui contraint les cultivateurs à n’arroser leur propre parcelle que tous les trois ou quatre jours, afin que chacun puisse bénéficier d’une irrigation équitable ; mais aussi pointer du doigt un autre problème, de fond celui-ci : le manque d’eau pendant la saison sèche, qui n’est pas sans conséquence pour les cultures, voire pour la nutrition des villageois pendant cette période critique.

Cette question de l’accès à l’eau, que ce soit pour l’irrigation ou la consommation, doit donc rester au coeur de nos actions. Un premier pas a été franchi, avec le projet de goutte à goutte, qui permettra d’optimiser à terme la gestion de l’eau au coeur du village, mais pas dans les parcelles lointaines. Mais d’autres pistes sont également à envisager, avec l’aide de l’agronome par exemple : choix de semences et de cultures moins gourmandes en eau, paillage du sol, changement des horaires d’arrosage pour limiter l’évaporation, …. ou encore l’amélioration des conditions de conservation des récoltes, et pourquoi pas la transformation en conserves des surplus, en prévision des périodes de soudure, qui sont autant de pistes proposées par le CEAS.

Puis, après avoir échangé avec les femmes présentes dans les champs, et nous être baladé dans les parcelles, nous avons définitivement pris congé de nos hôtes. Samuel a cependant tenu à me faire un dernier cadeau : quatre énormes aubergines blanches.

Ce n’est pas sans tristesse que je quitte ainsi mes amis, car je ne sais pas si, ni quand je pourrais revenir.

Je n’ai plus qu’une hâte : me mettre au travail une fois de retour en France, pour trouver le financement des projets que nous allons essayer de porter !

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février 13 2019

Mardi, le jour des affaires !

Désolé pour le décalage dans les publications, nous avons subi une longue coupure de courant hier soir qui ne m’a pas permis de mettre à jour le blog.

La mâtinée de mardi a été consacrée aux achats d’artisanat avec Salif. Il s’est donc déplacé au logement avec un échantillonnage de ce que j’avais repéré, et ce que je lui avais montré dans son village artisanal.

En procédant ainsi cela permet de gagner du temps, et évite de devoir acheter et négocier auprès de chaque boutiquier, tout en expliquant à chaque fois pourquoi je n’achète pas dans certains boutiques.

Et de fait, nous pouvons tout étaler et prendre le temps de réfléchir, calculer progressivement les achats en fonction du budget et revoir les choix faits si nécessaire.

C’est souvent frustrant, car on voudrait tout acheter ! mais le budget, tout comme le poids des bagages, amène nécessairement à faire des choix … et ce n’est pas simple parfois !

Mais bon Salif sait désormais ce qui nous intéresse, et nous pourrons lui passer commande plus tard dans l’année en cas de besoin.

Après cela nous sommes allés manger dans un maquis situé non loin de son village artisanal. Là, salif m’a expliqué en détail tous les projets de développement du quartier que son association d’artisans mène, et souhaite développer dans les mois qui viennent.

Pour commencer, ils entretiennent et nettoient régulièrement le canal qui longe leurs boutiques, ce qui participe à l’évacuation des eaux et à la salubrité du quartier en période de pluies.

Puis, ils prévoient de faire décorer les bords du canal par un artiste peintre qu’ils connaissent. Et organiser une « fête artisanale » au sein du quartier, pour l’animer et se faire connaître. Ils ont également pour projet d’installer des poubelles, et de faire daller le sol de l’allée, pour faciliter les déplacements.

Ils sont allés également rencontrer le maire de l’arrondissement, pour leur détailler tous ces projets, avec l’espoir d’obtenir son autorisation pour installer un panneau indiquant l’existence du village artisanal, qui se trouve bien caché en retrait de la route, derrière des restaurants.

Salif, on le voit, ne ménage donc pas ses efforts … au service des autres ! Investi auprès des enfants de son quartier, il est donc très investi également auprès de ses collègues artisans, des deux associations qui travaillent à Kinsi, mais aussi auprès de son village natal … et désormais de sa propre famille !

C’est à se demander s’il dort, mange, ou s’il trouve du temps pour lui … car il a un projet d’élevage de poulets, sa nouvelle maison en cours de construction, sa boutique à Nazinga, et bien d’autres projets en cours et à venir.

Nous sommes ensuite rentrés au logement pour faire le point et préparer la journée de demain au village.

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