Prise de renseignements sur les formations du CEAS

Salif m’a obtenu pour ce matin un rendez-vous avec la responsable des formations du Centre Ecologique Albert Schweitzer (CEAS) afin que je puisse poser toutes les questions relatives aux formations que les villageois souhaitent suivre, et demander l’établissement des devis correspondants.

Ce rendez-vous a eu lieu dans le centre de formation, où Salif a suivi la formation à l’élevage de volailles dont les villageois souhaitent bénéficier à leur tour.

Je n’étais jamais venu dans ce lieu, car jusqu’à présent je n’avais rencontré que les responsables du service de l’agro-environnement, dont les bureaux sont au sein des locaux de la direction, tout comme la Boutique où nous achetons les savons.

Nous avons ainsi pu d’une part longuement échanger avec la responsable, ainsi qu’avec la formatrice en charge des formations de transformation des produits alimentaires et non alimentaires.

Concernant les formations à l’élevage de volailles, dont l’intérêt est plus qu’évident puisqu’en Afrique les animaux d’élevage et en particulier les volailles constituent à la fois une bonne source de protéines, grâce aux oeufs et à la viande, mais aussi une forme d’épargne capitalisable puisque la vente des animaux ou des oeufs peut permettre de gagner de l’argent pour améliorer le quotidien.

Ce sont donc essentiellement des questions purement pratiques qui se posaient, comme savoir si les soins vétérinaires sont pris en charge (et effectivement ils sont compris dans la formation, les participants apprendront à vacciner les volailles), ou encore lister le matériel nécessaire à la construction de poulaillers, et voir s’il était prévu de fournir, au terme de la formation, un lot d’animaux pour lancer l’élevage (coq et poules).

Salif m’avait en effet laissé entendre que l’agent du CEAS qui avait parlé aux villageois de cette formation leur avait dit que le CEAS leur fournirait à chacun les tôles et le bois nécessaires à la construction d’un poulailler, la construction des murs du poulailler, avec des briques de banco, restant à la charge des villageois.

Mais la responsable des formations s’est étonnée de cet engagement, car selon elle le CEAS n’a jamais procédé ainsi (cela m’étonnait d’ailleurs). Elle va cependant joindre au devis lié à la formation des informations relatives à la construction des poulaillers, pour que nous puissions ensuite faire réaliser des devis pour l’achat du matériel nécessaire, et idem pour l’achat d’un lot d’animaux (un coq et 4 poules).

Pour ce qui concerne les formations demandées par les femmes autour du karité, plusieurs sont envisageables :

Optimisation des techniques de production, avec la possibilité de fournir du matériel conçu par le CEAS afin de faciliter le travail : concasseur, grilloir, baratte mécanique, …

Production de produits dérivés : baumes de massage, pommade, baume à lèvres, …

Production de savons et gestion d’une entreprise de savonnerie.

Chacune de ces formations semble intéressante et bien évidemment complémentaire … d’autant plus que la production de produits transformés à base de karité, aurait un intérêt certain pour l’association.

Mais il ne faut pas perdre de vue non plus l’objectif premier de nos actions ici-même : il s’agit de donner des outils (formation, matériel, …) pour développer des activités génératrices de revenus, et une production utiles localement. Il ne s’agit pas de faire en sorte que seule l’association, par la vente de la production en France, soit la garante de la pérénnité de l’activité. Car cela reviendrait à transformer l’association en une entreprise à but lucratif et ce n’est évidemment pas notre but.

Nous avons donc longuement échangé sur l’intérêt de telle ou telle formation, pour voir laquelle serait la plus intéressante sur le long terme pour les femmes du village ; et il ressort que c’est la savonnerie qui se révélerait le plus intéressant puisque les femmes produisent déjà du karité. La formatrice du CEAS a insisté sur le fait que même si la production de savons ne sera pas une grosse activité rentable, elle aura au moins le mérite d’occuper les femmes, de les valoriser, tout en facilitant l’accès à un produit de première nécessité facilitant l’hygiène (savon pour la peau, savon pour la lessive).

Il s’agit là visiblement d’une volonté politique clairement définie de favoriser la production de produits locaux sains, et vendus à un prix susceptible de concurrencer les produits industriels importés dont la composition est parfois contestable.

Après, là encore, la mise en oeuvre de cette formation serait un projet assez lourd et conséquent, puisque pour fabriquer du savon il faudra un atelier dédié, avec une cour fermée et interdite aux enfants, tout le matériel (moules, presses, mélangeurs, …) et toutes les précautions relatives à l’utilisation de produits chimiques (en l’occurrence la soude caustique, un produit corrosif sans lequel le processus de saponification ne peut se faire).

Et ce n’est pas la priorité définie par les femmes, qui souhaiteraient vraiment plutôt pouvoir fabriquer et vendre du tissu, le « faso dan fani », le tissu national en coton.

Après ces longues discussions sur les sujets qui nous intéressaient prioritairement (les formations), les échanges ont tourné aussi bien autour de la situation politique et sécuritaire actuelle du pays, que sur d’autres projets écologiques auxquels le CEAS prend part, et notamment la gestion des déchets, en particulier de la « plaie » des sachets plastique.

Lors d’un colloque organisé il y a quelques mois à Bordeaux sur la thématique de la gestion des déchets au Burkina Faso par notre partenaire So-Coopération, j’avais en effet assisté à une présentation d’un représentant du CEAS sur un projet de fabrication de pavés à partir de sachets plastiques fondus mélés à de la terre, ou encore au recyclage du plastique en meubles et autres objets.

Ces projets sont encore en phase expérimentale mais pourraient évidemment être, à long terme, intéressants à envisager pour l’association… tout comme une réflexion sur la promotion d’alternatives au plastique (fabrication de sachets en papier, promotion des sacs réutilisables, …).

Ces sujets pouvant être débattus pendant des heures, mais n’étant pas l’objet de notre entrevue, nous avons remercié ces deux personnes pour leur accueil et les informations qu’elles nous ont donné, et nous sommes allés mangés dans un maquis.

Comme Salif et moi avons déjà bien avancé dans nos démarches, nous avons pu prendre tout notre temps pour manger et discuter de toutes sortes de sujets.

J’ai ensuite choisi de « jouer au touriste » en allant visiter le musée national du Burkina, dont les expositions sont souvent de qualité, même si pour l’instant la structure peine à se développer puisqu’il n’y que deux salles dédiées à des expositions temporaires, alors même que les réserves regorgent de trésors qu’il faudrait exposer et valoriser.

J’ai découvert qu’il y a trois mois, une exposition co-organisée avec le centre de recherche de Bibracte, portait sur « l’âge du fer africain ». J’aurais bien aimé voir cette exposition !
Les expositions du moment traitaient d’une part des anciennes méthodes de production audiovisuelles (fabrication de cassettes audio, camescope VHS et béta-cam). Il s’agit de faire découvrir aux jeunes générations, qui ne connaissent que les données numériques (MP3, …), les anciennes possibilités de diffusion des oeuvres des artistes locaux, et de les alerter sur les enjeux du piratage des oeuvres et de leurs conséquences à long terme pour les artistes et la production culturelle.

L’autre exposition portait sur les Masques, présentés pour une fois dans leur ensemble (avec le costume lié), et dont l’histoire et le rôle de chacun est contextualisé (masque de fécondité, masque pour attirer la pluie, masque pour animer n’importe quelle cérémonie, …). Les explications du guide ont été, en ce sens, très instructives, et permettent de mieux appréhender le rôle clé de ces personnages dans la culture africaine.

Un parallèle est d’ailleurs proposé, en fin de visite, avec des personnages du folklore occidental (lutins de carnaval, …) ou encore des personnages inventés par la diaspora africaine en Amérique du sud.

Une visite vraiment intéressante, et instructive, donc, qui m’aura permis de comprendre certains éléments de la culture africaine, que je pourrais partager en France lors des animations organisées par l’association.

Il n’était par contre pas possible de prendre de photos, je ne peux donc pas partager cette visite avec vous …

Je me rattraperais demain, car c’est demain que Salif et moi allons passer la journée au parc de Nazinga, à la rencontre de la faune sauvage, et j’espère bien revenir avec de nombreuses photos à partager.

Bonne soirée, et à demain !




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Ecrit février 8, 2019 par president dans la catégorie "carnet de bord

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